Les experts de l’Institut National de la Santé Publique de Québec sont «un petit gang de talibans» accuse l’industrie québécoise de l’amiante

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE: le 25 novembre 2009


Les professionnels travaillant pour l’Institut National de la Santé Publique du Québec sont «un petit gang de talibans», accuse Bernard Coulombe, président de la mine d’amiante Jeffrey.[1]

Coulombe espère conclure une entente avec des investisseurs qui permettrait la mise en fonction d’une nouvelle mine d'amiante souterraine à Asbestos, Québec en 2010. L’amiante exploité jusqu’à maintenant à ciel ouvert, à la mine Jeffrey, est épuisé et cette mine ne fonctionne plus. Une mine souterraine est construite à 90% et rejoindrait un nouveau gisement d'amiante, ce qui donnerait une nouvelle vie à cette mine pour de plus 50 ans.

L'INSPQ s'oppose à la politique de son propre gouvernement d’une utilisation accrue de l'amiante chrysotile (la seule forme d'amiante vendue commercialement dans le monde aujourd'hui), invoquant la croissance du nombre des décès liés à l’amiante au Québec, en particulier parmi des travailleurs de la construction.

M. Coulombe prétend que l'amiante chrysotile peut être utilisé sans risque et maintient que l’amiante chrysotile n'a causé aucune maladie occupationnelle au Québec depuis 1970. L'INSPQ conteste la vérité de ces arguments, ce qui compromet le nouvel investissement et attise la colère de M. Coulombe .

L'Association médicale canadienne, la Société canadienne du cancer, l'Organisation mondiale de la santé, le Congrès du travail du Canada, entre autres, demandent tous que l'amiante chrysotile soit banni. L'industrie d'amiante ne les a cependant pas attaqués, préférant s’en prendre à des fonctionnaires qui ne peuvent pas se défendre et qui sont vulnérables à la pression politique de leur employeur.

«Parmi les tactiques de l'industrie de l'amiante , la désinformation et l’intimidation font partie des favorites » dit Fernand Turcotte, professeur émérite de santé publique à la faculté de médecine, Université Laval.

Quinze professionnels de la santé, qui travaillent pour des agences de santé publique au Québec et/ou sont des professeurs de l'Université de Montréal, de l'Université Laval et de l'Université de Sherbrooke, ont récemment publié une lettre ouverte contestant la désinformation disséminée par l'industrie d'amiante et réclamant qu’on mette fin à l'extraction, l’exportation et l’utilisation de l'amiante.[2]

«Ceux et celles qui, partout au Canada et autour du monde, s’emploient à contenir et mettre fin à la tragédie des maladies et des décès liés à l’amiante, ont une grande dette de gratitude pour le courage et l'intégrité des professionnels québécois de la santé qui dénoncent les manoeuvres de l'industrie de l'amiante,» dit John Bennett, directeur exécutif, Sierra Club Canada.

«Il est incompréhensible que le premier ministre Charest du Québec et le premier ministre Harper soutiennent les mensonges dangereux colportés par l'industrie de l'amiante et qu’ils ignorent l’opinion désintéressée d’organismes réputés, tels que l'Association médicale canadienne, la Société canadienne du cancer et l'Organisation mondiale de la santé, réclamant tous que l’utilisation de l'amiante soit interdite,» dit le Dr Kapil Khatter, président de l'Association canadienne des médecins pour l'environnement.

«Nous invitons les premiers ministres Charest et Harper à faire preuve d’intégrité et de placer la protection de la santé publique au-dessus des enjeux politiques et intéressés,»  dit Kathleen Ruff, de l'Institut Rideau.

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Renseignements :

Dr Kapil Khatter, (613) 864-9591,  kapil1@sympatico.ca
John Bennett, (613) 291-6888,  jb@sierraclub.ca
Dr Fernand Turcotte, (514) 389-1240, f.turcotte@videotron.ca
Kathleen Ruff, (250) 847-1848,  kruff@bulkley.net

[1] Le Soleil, le 18 novembre 2009  http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/200911...
[2] La Presse, le 16 septembre 2009 http://www.cyberpresse
 

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